#OnVautMieuxQueCa

Bonjour à tous !

Je réponds à l’appel de cette vidéo :

 

Je suis moi-même bien touchée par ce texte de loi et je suis absolument PAS D’ACCORD avec ce que le gouvernement nous répare.

Voilà mon témoignage :

Depuis un peu plus de 2 ans maintenant, je fais des boulots qu’on peut qualifier de « boulots de merde » : distributrice de prospectus et employée dans une bazar discount.

Comme distributrice de prospectus, le plus dur à supporter ce n’est pas la météo ! C’est tout d’abord le regard des propriétaires des boites aux lettres pour lesquels nous servons de punchingballs émotionnels (mais c’est quand même anecdotique) et surtout le traitement de nos employeurs :

Ma première expérience était auprès d’une grosse structure, qui se targue de traiter ses salariés humainement.
Dans la réalité, c’était (et ce sont encore) des heures supplémentaires non payées car c’est un logiciel qui décide du temps que nous mettons pour une tournée ou pour préparer les poignées et qui ne tient compte ni du facteur temps ( clair que par temps de pluie on avance aussi vite que par grand soleil) ni de la fatigue (et oui, à la 28ème heure de travail, on est toujours aussi fringuant qu’à la première, c’est évident !).
Les rares personnes qui ont décidées de ne pas se laisser faire et de dire que ce n’est pas bien légal tout ça ont commencées à se faire pousser à la porte (mais quelques rappels sur le harcèlement ont refroidit les ardeurs de la direction ^^). Aujourd’hui, le problème des heures sup’ non payées est réglé (en partie) par la mise en place d’un GPS que chaque salarié doit avoir sur lui et qui envoie des données sur sa position toutes les 10 secondes. (Bon, on va dire que c’est déjà un début ! )

Ma dernière expérience dans ce métier, je travaillais pour une petite structure.
Dans laquelle je n’avais pas le droit d’être malade ! J’ai même reçu un sms (oui-oui) de mon patron qui me dit que je faisais trop d’arrêt maladie et que en gros, je faisais couler l’entreprise et qu’il fallait trouver une solution (comprendre : je vous licencie ou vous démissionnez ? Une petite rupture conventionnelle, peut être ?)
On rajoute à ça qu’il me payait les salaire avec un mois de retard (et encore, parce que j’ouvre ma grande bouche ! ).
Bref, je me suis sentie comme si je devais être un robot, dispo 7j/7 et en forme tous les jours !

Mais ce n’est pas le pire boulot que j’ai eu :

Employée polyvalente dans un magasin de bazar discount :
J’avais de grands espoirs pour ce boulot, je VOULAIS travailler dans ce secteur !
Mais je me suis rendue compte que les salariés étaient autant discount que les marchandises !
J’étais responsable de plusieurs rayons :  le maquillage, les bibelots à 1-2-3€, les chaussures/chaussettes/sous-vêtements, les déguisements, bref, que des petits bidules longs à mettre en place.
En plus de ça, j’étais soutien caisse.
Les jours où je ne faisais que les rangements en rayon (et le conseil clientèle) j’arrivais tout juste à entretenir les rayons dans les temps. Mais ce travail, je me devais de le réussir même quand je passais la moitié de la journée en caisse.
On me comparait à ma collègue qui n’avait que les rayons des poubelles et des petits meubles à gérer (et qui ne faisait jamais la caisse).
Un jour, j’avais fini ma journée, mais je suis restée 10min de plus (pour ma pomme, bien entendue, les heures sup’ faites après la fermeture du magasin n’étaient pas payées) pour aider une de mes collègues qui était beaucoup en retard. Mon chef m’a dit que dans ce magasin, c’était chacun pour sa pomme car d’ici quelques semaines, il ne pouvait pas garder tous les employés… Hum… Mince alors ! Je pensais que dans une entreprise, surtout un magasin, il valait mieux que les salariés s’entraident (je suis décidément trop gentille).
L’accueil des clients était aussi discount : nous ne pouvions pas passer plus de 30 seconde avec le même client (si, si, une de mes chefs me la dit explicitement !), et donc nous faisions fasse à des clients mécontents. Perso, j’ai jamais réussi à faire ça, je restais avec le client autant de temps qu’il le fallait.
Nous étions traités tellement sèchement par nos chefs que certains clients à la caisse me prenaient en pitié.Et là dessus, il faut rajouter une PRESSION monstre. Il fallait aller toujours plus vite, toujours plus, toujours plus ! Ils jouaient à leur aise de cette épée de Damoclès qu’était de ne pas être embauché au final.
Résultat : Au bout de 3 semaines, j’étais EPUISEE. Je suis tombée malade de fatigue, et j’ai décidé de ne pas continuer à travailler pour eux. Quand je leur ai dit, ils n’avaient plus d’épée de Damoclès et ils se sont mis à devenir limite insultant et à essayer de me culpabiliser sur le travail que j’allais bientôt plus faire…

 

Ce que je retiens de toutes ces expériences c’est que je me suis battue et je n’ai pas accepté ces situations, alors que tant d’autres ne font rien et s’en contentent.
J’ai essayé de secouer les gens, et de leur faire voir que nous avons des droits en tant que salariés et qu’il faut en profiter, mais la peur du chômage ou du changement, ou de je ne sais quoi d’autre les empêche d’avancer.

Cette loi que nos gouvernants préparent, ce n’est ni plus, ni moins que la légalisation de pratiques injustes pour les salariés qui existent déjà.
Raison de plus pour ne pas se laisser faire !
Si cette loi passe, les salariés seront à tout jamais en position d’infériorité face aux patrons, et seront d’autant plus interchangeables. Ils n’auront plus de valeurs humaines et pourront se faire jeter dès les premiers mots (maux) de travers ?
Les (grands) patrons oublieront encore plus vite que pour avancer, il faut des jambes et des bras et non pas qu’un cerveau.
Et soyons lucide, même si le gouvernement avance l’argument que les petites structures vont en bénéficier, ce sont surtout les grosses qui vont en abuser.

 

IL EST ENCORE TEMPS DE SE BATTRE POUR NOS DROITS !
Meg :)

 

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3 réflexions sur “#OnVautMieuxQueCa

  1. sebcbien31 dit :

    Oui, en effet. Je rajouterai une chose, en France le taux de syndiqués est de 5% soit le plus bas des pays dit riche. Alors afin de rendre plus audible adhérez parmi toutes les fédérations il y en aura une qui vous correspondra. Dans certains pays, seul les employés syndiqués perçoivent la participation aux bénéfices : le taux est de 95% chez eux, ainsi les syndicats représentent vraiment les employés

  2. Amygurumy dit :

    Tu as bien raison d’en parler et de ne pas t’être laissée faire ! Attention c’est « vaut » sur le hashtag. Bon courage pour la suite.

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